Chine : Pékin abaisse son objectif de croissance à son plus bas niveau depuis 35 ans


La Chine a fixé pour 2026 un objectif de croissance du PIB compris entre 4,5 % et 5 %, le niveau le plus bas depuis 1991. L’annonce a été faite par le Premier ministre Li Qiang lors de l’ouverture de la session annuelle du Congrès national du peuple à Pékin.

Pour la première fois en plus de trois décennies, Pékin accepte officiellement un objectif inférieur à 5 %, signe que la deuxième économie mondiale entre dans une phase de croissance plus modérée.


Une crise immobilière majeure

Le ralentissement économique chinois est largement attribué à des facteurs internes, notamment l’effondrement du secteur immobilier.

Pendant des années, l’immobilier représentait environ 25 à 30 % de l’économie chinoise. Aujourd’hui :

  • les ventes de logements chutent

  • les prix immobiliers baissent

  • les promoteurs font défaut

  • les finances locales se dégradent

Comme une grande partie du patrimoine des ménages chinois est liée à la pierre, cette crise affecte directement la confiance des consommateurs.


Déflation et surcapacités industrielles

La Chine fait également face à une période prolongée de déflation, la plus longue depuis le début des réformes économiques.

Les secteurs industriels stratégiques — véhicules électriques, panneaux solaires et batteries — sont confrontés à une concurrence interne féroce et à une surcapacité de production.

Malgré cela, l’industrie reste un pilier de l’économie. Des groupes comme BYD ont même dépassé Tesla pour devenir le premier producteur mondial de véhicules électriques.


Consommation intérieure fragile

La demande domestique reste faible en raison de plusieurs facteurs :

  • chômage élevé chez les jeunes

  • salaires stagnants

  • épargne élevée par crainte de l’avenir

Le chômage urbain des 16–24 ans (hors étudiants) reste proche de 16,5 %, malgré une légère baisse depuis un pic de 18,9 %.

Chaque année, des millions de diplômés arrivent sur un marché du travail saturé, où certains concours pour des postes publics atteignent des ratios de 100 candidats pour un poste.


Un modèle économique en transition

Depuis les années 1980, la croissance chinoise reposait sur un modèle basé sur :

  • investissements massifs

  • industrie exportatrice

  • financement par les banques publiques

Mais ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Même si les exportations nettes ont atteint un record d’environ 1 200 milliards de dollars en 2025, les gains de productivité deviennent plus difficiles à obtenir.


Une stratégie plus réaliste ?

Selon plusieurs analystes, ce nouvel objectif de croissance reflète une stratégie plus pragmatique.

Pékin chercherait désormais à privilégier des réformes structurelles plutôt que de stimuler artificiellement l’économie :

  • relancer la consommation intérieure

  • investir dans l’intelligence artificielle et la robotique

  • moderniser le modèle industriel

Pour certains économistes, la croissance réelle de la Chine pourrait même être inférieure aux chiffres officiels.


Un tournant pour l’économie mondiale

Avec une croissance plus lente, la Chine pourrait entrer dans une phase comparable à celle qu’ont connue d’autres économies développées après leur rattrapage rapide.

Pour les marchés mondiaux, cela signifie probablement :

  • une demande plus modérée en matières premières

  • une concurrence industrielle accrue

  • une transformation progressive du modèle économique chinois.

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