Cuba traverse une nouvelle crise énergétique majeure après une panne massive du réseau électrique national qui a plongé près des deux tiers de l’île dans l’obscurité. Si le courant commence progressivement à revenir dans certaines zones, les autorités préviennent que la normalisation complète pourrait prendre plusieurs jours.
Selon l’entreprise publique d’électricité Unión Eléctrica, la remise en service de la centrale thermoélectrique Central termoeléctrica Antonio Guiteras a permis de reconnecter partiellement le réseau national.
Mais la production reste très insuffisante pour répondre aux besoins du pays.
Un réseau électrique encore très fragile
D’après les autorités cubaines, le système électrique fonctionne actuellement en mode limité, avec une priorité donnée aux services essentiels :
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hôpitaux
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stations de pompage d’eau
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infrastructures critiques
À La Havane, environ 77 % des foyers ont retrouvé l’électricité, tandis que 43 hôpitaux et 10 stations de pompage ont été reconnectés.
Cependant, la production totale reste très faible : le réseau génère actuellement 590 mégawatts, alors que le pays aurait besoin d’environ 2 000 mégawatts pour fonctionner normalement.
Une crise aggravée par la pénurie de carburant
La panne est également liée à une crise énergétique plus profonde. Le manque de carburant empêche l’utilisation de nombreux moteurs de génération installés dans tout le pays.
Cette pénurie s’est aggravée depuis l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération américaine à Caracas début janvier, ce qui a fortement perturbé l’approvisionnement pétrolier de Cuba.
Le Venezuela était en effet le principal fournisseur de pétrole de l’île.
Par ailleurs, plusieurs pays, dont le Mexique, hésitent à compenser ces livraisons par crainte de sanctions commerciales promises par le président américain Donald Trump contre les États qui vendraient du pétrole à La Havane.
La population confrontée aux coupures
Dans les rues de La Havane, la situation reste difficile pour les habitants.
De nombreux Cubains doivent faire face à :
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la chaleur tropicale
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les moustiques
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la détérioration des aliments faute de réfrigération
« Je n’ai pas dormi de la nuit. Il y a trop de moustiques », raconte Sonia Vásquez, une vendeuse de café qui a continué à travailler malgré l’absence d’électricité.
D’autres habitants évoquent des coupures dépassant 24 heures consécutives, compliquant la vie quotidienne, notamment pour les familles avec des personnes malades.
Une économie déjà fragilisée
Les pannes d’électricité répétées frappent Cuba depuis plusieurs années et ont contribué à une forte contraction économique.
Selon certaines estimations, l’économie de l’île aurait reculé d’environ 15 % depuis 2020.
Pour moderniser le système énergétique et stabiliser la production, les experts estiment que Cuba aurait besoin d’investissements compris entre 8 et 10 milliards de dollars.
Sans ces investissements massifs, les coupures d’électricité risquent de rester une réalité quotidienne pour les habitants de l’île.
