Espagne : six mines de l’âge du Bronze découvertes en Estrémadure, un chaînon clé du commerce européen


Six mines de cuivre, de plomb et d’argent datant de l’âge du Bronze ont été identifiées dans le sud-ouest de l’Espagne, selon un communiqué de l’Université de Göteborg.

La découverte, réalisée en Estrémadure, pourrait transformer la compréhension des réseaux économiques européens il y a plus de 3 000 ans.


Un lien direct avec la Scandinavie

Des analyses isotopiques du plomb effectuées sur des artefacts de l’âge du Bronze retrouvés en Scandinavie ont déjà montré qu’une part importante du métal provenait du sud-ouest de la péninsule Ibérique.

Selon l’archéologue Johan Ling, de l’Université de Göteborg, ces nouvelles mines ne représenteraient que « la partie émergée de l’iceberg ». Les chercheurs estiment que jusqu’à 150 sites miniers préhistoriques pourraient encore rester non documentés en Estrémadure et en Andalousie.


Des outils miniers bien conservés

Parmi les découvertes majeures : environ 80 haches en pierre rainurées, utilisées pour concasser et traiter le minerai, ont été mises au jour dans l’une des mines nouvellement identifiées.

Ces outils confirment une exploitation organisée et intensive des ressources métallifères dans la région à l’âge du Bronze.


Un moteur économique du monde protohistorique

L’âge du Bronze (environ 3300–1200 av. J.-C. selon les régions) est marqué par l’essor des échanges à longue distance. Le cuivre, allié à l’étain pour produire le bronze, constituait une ressource stratégique essentielle.

La péninsule Ibérique apparaît ainsi comme un centre majeur d’approvisionnement pour l’Europe du Nord, bien au-delà de son aire géographique immédiate.

Selon Johan Ling, ces nouvelles données pourraient « fondamentalement remodeler notre compréhension du système mondial de l’âge du Bronze », où l’exploitation minière jouait un rôle moteur dans les dynamiques économiques et sociales.


Vers une cartographie complète des mines préhistoriques ?

La découverte relance les recherches sur l’ampleur réelle des activités minières protohistoriques dans le sud de l’Espagne. Si les estimations se confirment, la région pourrait compter parmi les plus vastes complexes miniers préhistoriques d’Europe.

Ces avancées renforcent l’idée que les sociétés de l’âge du Bronze étaient intégrées dans des réseaux commerciaux sophistiqués, reliant l’Atlantique, la Méditerranée et l’Europe du Nord.

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