L’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran commence à produire des effets directs sur le commerce maritime mondial. Deux grandes compagnies internationales, CMA CGM et Hapag-Lloyd, ont annoncé la suspension de leurs opérations dans le Golfe, invoquant des risques sécuritaires majeurs.
Détournement via le Cap de Bonne-Espérance
Selon l’AFP, le groupe français CMA CGM a ordonné à ses navires présents dans la zone de chercher refuge et a confirmé la suspension de son transit par le Canal de Suez. Les bâtiments seront redirigés autour du Cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud — un détour de plusieurs milliers de kilomètres, synonyme de retards importants et de hausse des coûts logistiques.
De son côté, Hapag-Lloyd, cinquième armateur mondial, a suspendu tous ses passages par le Détroit d'Ormuz jusqu’à nouvel ordre.
Le géant danois Maersk a également averti ses clients de possibles perturbations et retards dans les expéditions.
Le détroit d’Ormuz : artère énergétique vitale
Le détroit d’Ormuz est l’un des points de passage stratégiques les plus sensibles au monde. Environ 20 millions de barils de pétrole y transitent chaque jour — soit près de 20 % de la consommation mondiale. Près d’un cinquième des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), majoritairement en provenance du Qatar, empruntent également cette voie.
Selon l’agence iranienne Tasnim, la Corps des Gardiens de la Révolution islamique aurait adressé des avertissements radio à des navires dans la zone, leur interdisant le passage par le détroit.
Parallèlement, Washington a recommandé à ses bâtiments de se tenir éloignés du Golfe en raison des opérations militaires en cours.
Risque systémique pour les chaînes d’approvisionnement
La suspension des opérations par des acteurs majeurs du transport maritime accroît les inquiétudes quant aux conséquences économiques de l’escalade régionale.
Le détour par l’Afrique rallonge les délais de livraison de plusieurs semaines, augmente la consommation de carburant et renchérit les coûts d’assurance. À court terme, cela pourrait provoquer :
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Hausse des prix de l’énergie
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Perturbations dans les chaînes d’approvisionnement
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Inflation accrue sur certains produits manufacturés
Si les tensions persistent, le Golfe pourrait devenir un nouveau point de fracture du commerce mondial, à l’image des crises précédentes en mer Rouge ou lors du blocage du canal de Suez.
