Belgique : quatre arrestations liées à des soupçons de crimes de guerre au Cameroun


Les autorités belges ont arrêté quatre personnes soupçonnées de liens avec des crimes de guerre et crimes contre l’humanité liés au conflit séparatiste en cours au Cameroun, a annoncé le parquet fédéral mardi.

Le Parquet fédéral de Belgique a précisé qu’une enquête était ouverte depuis l’été dernier concernant des crimes présumés commis au Cameroun depuis 2020, à la suite d’un signalement transmis par les autorités judiciaires norvégiennes.


Soupçons de soutien opérationnel depuis la Belgique

Les suspects interpellés lors de perquisitions coordonnées à Londerzeel (au nord de Bruxelles) et à Anvers sont soupçonnés d’appartenir à la direction des Ambazonia Defence Forces (ADF), un mouvement armé séparatiste.

Selon le parquet :

  • Des fonds auraient été collectés en Belgique pour financer la lutte armée

  • Des achats d’armes et de munitions auraient été facilités

  • Des instructions d’attaques et d’assassinats auraient été transmises depuis le territoire belge

Trois des quatre suspects ont été placés en détention provisoire.


Un conflit meurtrier depuis 2017

Le conflit au Cameroun oppose les forces francophones loyales au gouvernement de Yaoundé aux séparatistes anglophones réclamant la création d’un État indépendant, l’Ambazonie, dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest.

La crise a éclaté en 2017 après des manifestations dénonçant la marginalisation des régions anglophones. Depuis :

  • Au moins 6 000 personnes ont été tuées

  • Des centaines de milliers ont été déplacées


Enquêtes internationales coordonnées

Les autorités belges travaillent en coopération avec la Norvège et les États-Unis, où des enquêtes parallèles sont en cours.

Aux États-Unis, des procureurs ont inculpé deux dirigeants présumés de l’ADF dans le Minnesota, les accusant d’avoir financé et dirigé des attaques au Cameroun.

En 2024, la Norvège a arrêté la figure séparatiste ambazonienne Ayaba Cho Lucas, soupçonnée d’incitation à des crimes contre l’humanité.


Une extension judiciaire du conflit

L’affaire illustre la dimension transnationale du conflit camerounais, où les réseaux de financement et de commandement dépassent les frontières africaines.

La Belgique, qui applique le principe de compétence universelle pour certains crimes internationaux, pourrait ainsi juger des faits commis à l’étranger si les preuves sont établies.

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