États-Unis : Kristi Noem sous pression au Sénat sur les expulsions massives et les méthodes du DHS


La secrétaire du Department of Homeland Security (DHS), Kristi Noem, a comparu pour la première fois devant le Congrès depuis les tirs mortels d’agents fédéraux contre deux manifestants en janvier, lors d’une audition tendue du United States Senate Committee on the Judiciary.

Cette audition intervient dans le cadre de la politique migratoire du président Donald Trump, qui avait promis l’expulsion de millions de migrants en situation irrégulière.


Accusations de dérives et de profilage racial

Le sénateur démocrate Dick Durbin a accusé la secrétaire du DHS de diriger un département « sans boussole morale ni respect de l’État de droit », dénonçant des arrestations menées « en fonction de la couleur de peau, de l’accent et de la langue ».

Le sénateur Chris Coons a, lui, évoqué des pratiques « inconstitutionnelles », parlant de patrouilles procédant à des contrôles sans motif valable, y compris dans des églises, hôpitaux et écoles.

Les démocrates exigent notamment :

  • L’interdiction des masques faciaux pour les agents

  • L’obligation de mandats judiciaires avant toute entrée sur propriété privée

  • Des restrictions accrues sur les opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE)


Défense ferme de la politique migratoire

Kristi Noem a rejeté les accusations, niant avoir qualifié les deux personnes abattues de « terroristes ». Elle a présenté ses condoléances aux familles tout en affirmant que l’incident « semblait » relever d’un acte de ce type au moment des faits.

La secrétaire a défendu les résultats du DHS :

  • Baisse des arrestations à la frontière à des niveaux historiquement bas

  • Près de trois millions d’expulsions réalisées

  • « Résultats historiques » en matière de sécurité


Blocage budgétaire et crise institutionnelle

L’audition intervient alors que le DHS fait face à un shutdown partiel en raison d’un blocage budgétaire. Des milliers d’employés fédéraux — dont du personnel de sécurité aéroportuaire et des équipes d’intervention en cas de catastrophe — sont suspendus ou travaillent sans rémunération.

Les démocrates conditionnent tout vote de financement à une réforme profonde des méthodes d’application des lois migratoires.


Une polarisation maximale

La confrontation met en lumière une polarisation accrue sur la question migratoire aux États-Unis. Entre exigence de fermeté et respect des garanties constitutionnelles, le débat dépasse désormais la seule politique frontalière pour toucher aux principes fondamentaux de l’État de droit.

La suite dépendra d’un éventuel compromis budgétaire au Congrès, alors que la pression politique s’intensifie à l’approche de nouvelles échéances législatives.

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