Téhéran a averti que toute participation de pays européens aux frappes américaines et israéliennes contre son territoire serait interprétée comme une entrée officielle en guerre.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a rejeté la qualification d’« action défensive » avancée par certains dirigeants européens.
« Défensif est synonyme d’offensif. Cela a-t-il un sens ? Veulent-ils priver l’Iran de sa capacité à se défendre contre les agresseurs ? », a-t-il déclaré en anglais.
« Ce serait une honte si ces pays se rangeaient du côté des agresseurs. »
Londres, Berlin et Paris sous pression
L’avertissement intervient alors que les capitales européennes cherchent à définir leur position face à l’escalade.
Dimanche, les dirigeants de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont évoqué la possibilité de soutenir des « actions défensives proportionnées » visant à neutraliser les capacités iraniennes de lancement de missiles et de drones.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué autoriser l’usage de bases britanniques pour des frappes à « finalité défensive spécifique et limitée ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a toutefois laissé entendre que l’interprétation de cette formule pouvait varier selon les pays.
Chypre au cœur des tensions
Peu après les déclarations de Londres, un drone a frappé la base britannique d’Akrotiri à Chypre.
Chypre, État membre de l’UE le plus proche géographiquement de l’Iran, insiste sur sa neutralité. Le porte-parole du gouvernement chypriote, Konstantinos Letymbiotis, a souligné que l’assistance militaire déployée pour protéger l’île ne signifiait en aucun cas une participation au conflit.
L’ambassade iranienne à Nicosie a également tenté de rassurer sur le maintien de relations bilatérales stables.
Un dilemme stratégique pour l’Europe
Les gouvernements européens font face à plusieurs contraintes :
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Pressions américaines pour un soutien militaire
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Risque d’être directement ciblés par des représailles iraniennes
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Nécessité d’évacuer des ressortissants dans une région sous tension
Des bases où sont stationnés des soldats européens ont déjà été visées par des frappes iraniennes, accentuant les inquiétudes.
Ligne rouge iranienne
Téhéran considère que toute action visant à neutraliser ses capacités militaires – même qualifiée de « défensive » – constituerait une agression directe.
La question clé reste donc la suivante : un soutien logistique ou l’autorisation d’utiliser des bases européennes suffit-il à franchir la ligne rouge iranienne ?
Dans un contexte d’escalade rapide, l’Europe se retrouve face à un choix stratégique majeur entre solidarité atlantique et risque d’implication directe dans le conflit.
