La crise diplomatique entre Madrid et Washington s’est intensifiée après que le président américain Donald Trump a qualifié l’Espagne d’« allié terrible » et menacé de couper les relations commerciales en raison du refus espagnol d’autoriser l’usage de ses bases militaires dans le cadre de la guerre contre l’Iran.
En réponse, le gouvernement de Pedro Sánchez a défendu fermement la position de Madrid, affirmant que l’Espagne respecte pleinement ses engagements au sein de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord et demeure un partenaire commercial fiable.
Bases militaires : Madrid invoque le cadre juridique
L’Espagne a activé une clause de son accord bilatéral de défense avec les États-Unis lui permettant de suspendre l’utilisation des bases de Base navale de Rota et de Base aérienne de Morón en cas de déploiement lié à une situation de guerre.
Le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a déclaré que ces installations ne seraient utilisées que dans le strict respect du traité bilatéral et de la Charte des Nations unies.
Menace d’embargo commercial
Lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, Trump a évoqué la possibilité de « couper tout commerce » avec l’Espagne, affirmant disposer du droit d’imposer des embargos.
Madrid a répliqué en soulignant que :
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L’Espagne est une puissance exportatrice majeure de l’Union européenne
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Les relations commerciales avec les États-Unis sont historiques et mutuellement bénéfiques
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Toute révision devra respecter la légalité internationale et les accords UE–États-Unis
Le gouvernement affirme disposer de mécanismes pour atténuer d’éventuels impacts économiques et diversifier ses chaînes d’approvisionnement.
Débat sur les dépenses militaires
Friedrich Merz a indiqué vouloir convaincre Madrid d’augmenter ses dépenses de défense jusqu’à 3–3,5 % du PIB, conformément aux discussions au sein de l’OTAN.
L’Espagne maintient cependant sa priorité à la désescalade diplomatique au Moyen-Orient. Pedro Sánchez a rappelé que « la guerre ne peut devenir la forme naturelle de relation entre États », plaidant pour le dialogue et le respect du droit international.
Un bras de fer transatlantique ?
Cette séquence met en lumière :
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Des divergences stratégiques sur l’usage des bases militaires
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Une tension commerciale potentielle entre Washington et un État membre clé de l’UE
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Une pression accrue sur les alliés européens concernant l’effort de défense
Alors que des évacuations de ressortissants espagnols sont en cours au Moyen-Orient, la relation transatlantique traverse une zone de fortes turbulences.
