L’escalade régionale consécutive aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran s’étend désormais pleinement à l’Irak. La coalition de milices chiites pro-iraniennes connue sous le nom d’Islamic Resistance in Iraq (IRI) a revendiqué 16 attaques de drones visant des « bases ennemies en Irak et dans la région ».
Ces frappes interviennent après l’opération lancée le 28 février contre Téhéran, qui a coûté la vie à plusieurs hauts responsables iraniens, dont le Guide suprême Ali Khamenei. En riposte, l’Iran a lancé des centaines de drones et missiles contre des bases américaines, Israël et plusieurs pays du Golfe.
Cibles floues, interceptions multiples
Dans son communiqué, l’IRI affirme avoir utilisé « des dizaines de drones » sans préciser les cibles exactes. Toutefois, au moins deux bases abritant des forces de sécurité irakiennes — le commandement des opérations de Bassorah et la base Imam Ali dans la province de Dhi Qar — ont été touchées le 28 février.
Dans la région autonome du Kurdistan irakien, plusieurs interceptions de drones et missiles ont été signalées, notamment près du consulat américain et autour de l’aéroport international d’Erbil, où les États-Unis maintiennent encore une présence militaire.
Le groupe écran Saraya Awliya al Dam a revendiqué une attaque contre des militaires américains à l’aéroport d’Erbil « avec un escadron de drones ».
Les milices pro-iraniennes entrent officiellement dans le conflit
Plusieurs factions majeures soutenues par Téhéran ont annoncé rejoindre les combats :
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Kataib Hezbollah
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Kataib Sayyid al Shuhada
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Harakat Hezbollah al Nujaba
Le chef de Harakat Hezbollah al Nujaba, Akram al Kaabi, a promis que son groupe participerait activement aux combats. De son côté, Kataib Hezbollah a menacé d’« entraîner les États-Unis dans une longue guerre d’attrition » visant à mettre fin à toute présence américaine en Irak.
Bien que la majorité des forces américaines aient quitté l’Irak en janvier 2026, des troupes restent stationnées dans le Kurdistan irakien.
Frappes non revendiquées contre des milices en Irak
Parallèlement, les Popular Mobilization Forces (PMF), structure officielle intégrant de nombreuses milices pro-iraniennes, ont annoncé qu’une « partie inconnue » avait mené une frappe aérienne le 28 février dans la région de Jurf al-Nasr, au nord de la province de Babil.
Deux personnes auraient été tuées et trois blessées. Selon des sources locales, la cible serait liée à Kataib Hezbollah. Une autre milice affiliée aux PMF, Asaib Ahl al Haq, a annoncé la mort de quatre de ses membres le 1er mars, attribuant l’attaque à une opération conjointe américano-israélienne — sans confirmation officielle.
Tensions dans la Zone Verte
À Bagdad, des manifestants se sont rassemblés dans la Zone Verte, qui abrite notamment l’ambassade américaine, pour protester contre les frappes américaines et la mort de Khamenei. Certains brandissaient des drapeaux de groupes armés pro-iraniens.
L’Irak, nouveau front actif
L’Irak apparaît désormais comme un théâtre majeur de la confrontation indirecte entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran. Les milices soutenues par l’Iran cherchent à multiplier les frappes asymétriques tout en évitant une confrontation frontale directe.
La dynamique actuelle fait peser un risque élevé d’embrasement durable, où frappes ciblées, attaques de drones et opérations non revendiquées s’entremêlent dans une logique d’usure stratégique.
